À Nantes, Jean-Luc Mélenchon a séduit les cités

Titre de l’article publié ce vendredi 28 avril à la suite de l’interview d’hier. De plus, cet article est annoncé en Une, avec une photo et avec le titre « À Nantes, Jean-Luc Mélenchon a su séduire les cités ». Et l’affichette apposée tous les jours sur des chevalets devant les lieux de vente du journal porte deux titres, dont celui-ci !

Article Ouest-france

Texte de l’article :

Mélenchon boulotte des voix, pas Le Pen. Dans les quartiers populaires, ils sont très nombreux à avoir donné leur voix au candidat de la France insoumise, même si l’abstention y reste puissante.

Reportage

« J’ai 29 ans, je n’ai jamais voté, la politique ne m’intéressait pas. Je ne voyais personne qui me représentait. » Pour Cyril Ory, habitant de la Boissière, à Nantes les choses ont changé quand il a rencontré, au pied des tours de son quartier, des militants de la France insoumise. En quelques semaines, ce jeune boucher intérimaire est devenu un militant chevronné, a créé un groupe près de chez lui, pour mener sans répit campagne. À plus de 50 ans, Brigitte Bellard, employée de vie scolaire, s’est aussi éveillée à la politique : « Avant je ne comprenais pas les discours. J’ai écouté Mélenchon et j’ai tout compris ». Cyril, Brigitte, Michèle, Johann, Michaël et les autres rencontrés ce soirlà, tous habitants de Nantes nord, bouillonnent d’énergie même après ces longues journées passées à discuter, s’organiser, tracter, toquer aux portes. Un terrain déserté par d’autres.

Un vide rempli

Siegfried Chapotin, transfuge du Parti communiste, 46 ans, a pris la casquette du formateur. Rompu au militantisme, il a outillé ces apprentis. « Les quartiers populaires sont bien souvent méprisés par les politiques, constate-t-il. J’ai été étonné par l’accueil. Les gens attendent une force politique populaire. Si Mélenchon a eu un tel succès, c’est aussi parce qu’il y avait un vide ». Dans des bureaux de Malakoff, Bellevue, les Dervallières, Bout-desLandes… Mélenchon caracole en tête. Même si en 2012 il n’avait pas à rougir de ses résultats, le candidat a nettement progressé à l’ombre de ces tours HLM. « Les gens ont été globalement contents de nous voir. Ils n’avaient vu personne d’autres et ne savaient pas trop pour qui ils allaient voter. Certains nous ont rejoints parce qu ils ont adhéré au programme ,s’enthousiasme Michaël Pousse, aide-soignant, homme de gauche depuis toujours, grand déçu du socialisme. On parle comme eux, on pense comme eux, on est leurs voisins. On a eu, dans les halls d’immeuble, des discussions de haut niveau ».

41 % d’abstention

Johann, étudiant de 22 ans, pense aussi que cette campagne de proximité a encouragé des abstentionnistes à aller voter. Cela reste difficile à calculer. Dans les quartiers, globalement, ils sont deux fois plus nombreux que dans le centre-ville à avoir boudé l’isoloir. Dans un bureau de Bellevue, 41 % des électeurs se sont tus. « Il y a une grande misère, faut venir voir, s’emporte Hadj Taïeb qui a grandi là. Les gens sont loin de la politique et les politiques sont loin d’eux. Les habitants se taisent et souffrent en silence ». Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, la cote de popularité de Marine Le Pen, en revanche, ne grimpe pas. « C’est normal, ici, la plupart des gens sont issus de l’immigration », avance Hadj Taïeb. La fondatrice de l’association Regart’s, Aïcha Tarek, l’affirme : « Ici, le FN continue de faire peur. » Selon elle, les assos jouent un rôle capital. « On amène la paix sociale. » Une fourmilière de bénévoles comme un rempart à l’extrême droite. C’est aussi l’avis de Mouloud, à Malakoff. Ce matin-là, dans le local de l’association des Maghrébins seniors nantais, la télé est allumée et la voix de François Hollande, appelant à voter Emmanuel Macron, résonne. « Attention l’association est apolitique, insiste son porte-parole, qui redouble de précaution. Regardez, il n’y a aucune affiche sur nos murs. » Mais il veut bien parler à titre personnel.

« Une ville bien gérée »

Pour lui, aucun doute, si le FN ne capte pas les foules dans les cités, c’est hausse parce que « la ville est bien gérée. Le chômage y est plus faible qu’ailleurs et la sécurité plus forte. Et puis Nantes est une ville de gauche ». D’ailleurs, ici, personne n’a jamais vu un militant FN tracter. Mais les élus de Johanna Rolland, si. « Ils sont très présents », assure la directrice de Regart’s. Toujours prêts à répondre au téléphone, à faire un tour aux diverses animations. Cela dit, le PS n’a pas enchanté les foules dimanche dernier. Loin de là. Que feront-ils, ces électeurs, au second tour ? Se taire, voter, pour qui ? Confidence d’un Mélenchoniste : « J’écrirai peut-être Jean-Luc sur un bulletin ! »

Marylise COURAUD.

 

Un Commentaire

  1. Yesss ! On lâche rien !…. Les gens nous étonneront toujours !…

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