Une journée enthousiasmante.

Mercredi 15 mars, 10 h, accueil en gare de nos camarades Martine Billard et Philippe Juraver. En route pour Notre Dame des Landes où nous sommes accueillis par nos amis de l’ACIPA qui ont accepté de nous accueillir à La Vache Rit, à notre demande. Martine est toujours la bienvenue à Notre Dame des Landes, ce sont leurs premiers mots à notre arrivée. La conférence de presse a pour objectif de rappeler que le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes est inutile et coûteux.

C’est à ce titre que la France Insoumise et son candidat, Jean-Luc Mélenchon s’engagent à abroger  la Déclaration d’Utilité Publique en cas de victoire. C’est simple et à effet immédiat. Cette présence de Martine Billard et Philippe Juraver, en tant que porte-paroles de Jean-Luc Mélenchon à La Vache Rit est aussi l’occasion de rappeler notre solidarité envers les paysans et habitants sous le coup de décisions d’expulsion. Après un pot amical nous reprenons la route en direction du vignoble.

La Chapelle-Heulin, rencontre avec Alain, vigneron bio qui relate son itinéraire personnel et le cheminement qui le conduit professionnellement à faire évoluer ses pratiques. Un message fort et empreint d’humanité pour parler de la terre. C’est l’occasion de pointer la nécessité de s’inscrire dans un temps long, d’abord parce qu’on ne maltraite pas la terre, qu’il faut lui donner le temps de retrouver ses équilibres mais aussi parce que le retour à une agriculture écologique et paysanne nécessite de mieux observer, de mieux écouter…

Alain explique aussi que chez lui ce n’est pas une exploitation viticole mais une ferme viticole, qu’il n’est pas un viticulteur mais un vigneron… quand les mots ont un sens, quand ils disent l’orientation politique. Cette rencontre est aussi l’occasion de voir de vraies alternatives, pensées au local, conçues collectivement (un mot qui revient constamment dans la bouche de notre vigneron…), d’abord la roselière qui filtre et traite les effluents de sa cave puis son « tunnel » de traitement pour éviter la dispersion dans l’air et réduire les quantités de produits… Cette préoccupation est important car même les produits bio, naturels, pour soigner la vigne ne sont pas sans impacts… A quelques mètres de là, la serre de Mathilde qui s’est installée sur des parcelles délaissées pour la vigne et dans laquelle elle cultive des légumes avec cette idée centrale : produire ici ce dont on a besoin pour se nourrir et le faire dans le respect de la terre. Ici, dans le vignoble des femmes et des hommes ont déjà commencé à concevoir cette agriculture écologique et paysanne que nous voulons développer, oui, nous on peut ! En nous appuyant sur toutes ces initiatives.

Nous filons ensuite vers Gorges pour rencontrer Léandre jeune maraîcher bio. Il fournit l’AMAP de Vertou, il vend en direct aussi de manière plus marginale à la période de grande production. Il commence, en ce mois de mars, une vente sur le marché de Clisson. Il nous explique le parcours du combattant pour s’installer lorsqu’on ne correspond pas au schéma dominant de l’agriculture productiviste… Il décrit les « commissions » ou « comités » dominé-es par la FNSEA, les assurances, les banques, les propriétaires fonciers qui ne conçoivent une installation que comme une forme d’industrie qui doit rapporter… Lui aussi insiste sur la question du temps long pour faire évoluer les choses. Il dit aussi qu’il ne faut brusquer ni la terre ni les agriculteurs-trices qui sont les victimes d’un système, souvent très endetté-es et donc pris au piège. Lui aussi insiste sur la précision du vocabulaire, il n’a pas une exploitation maraîchère mais une tenue (ou tenure si on se réfère au terme ancien). Le terme d’exploitation agricole qui est entré dans le langage commun pour désigner une ferme est un signifiant politique qui s’inscrit pleinement dans la vision capitaliste et productiviste. Il évoque également la question de la formation comme un levier pour infléchir les manières de voir, de faire. On conclura l’échange sur la nécessité de casser le monopole de la FNSEA sur le monde agricole et permettre une représentation plus large des paysans mais aussi de ce qu’il nomme la société civile pour décider des orientations en matière d’agriculture.

Dernier temps fort de cette journée, la réunion publique à Saint Fiacre sur Maine. C’est un défi que les insoumis-es du vignoble s’étaient lancé-es comme une réponse à la nécessité de donner de la lisibilité à notre démarche. Jamais une telle réunion, avec des orateurs nationaux, n’avait été tentée par celles et ceux qui visent à une vraie transformation sociale. On peut avouer qu’on était « sous tension », y arrivera-t-on ? Un quart d’heure avant, on a commencé à compter, on trouvait que « ça n’arrivait pas », on se trouvait des excuses (c’est la campagne, c’est loin, ils se sont perdus…)… et puis finalement le hall s’est rempli, on s’est dit « allez, il faut y aller » et résultat la salle était remplie, on ajouté des chaises, on a compté… et au final, 120 personnes !

Martine Billard a ouvert la réunion avec une démonstration de la nécessité d’une réponse globale pour répondre aux urgences face à la détérioration de l’environnement, au dérèglement climatique. Occasion de dérouler les grands axes du programme l’avenir en commun. Philippe Juraver a complété son intervention en pointant les enjeux sociaux : nécessité d’adapter les appareils de production à une nouvelle donne, nécessité conséquente de formation des salarié-es, besoin de revaloriser les salaires pour permettre l’accès à une nourriture de qualité…

Et après cela, pas de blancs, pas de silence, les interventions de la salle fusent, questions, remarques, propositions… La santé, l’enseignement agricole, les revenus des paysans, la pollution, les abeilles… Des réponses émanant tant de nos orateurs-trices que de nos deux candidat-es, Gaëlle et Guilhem. Une assemblée visiblement impliquée, actrice des réflexions en cours… Jusqu’à la question sempiternelle de « et pourquoi pas l’union avec Hamon, sous entendu, c’est à vous de vous retirer ». A cela deux réponses très claires de Martine et Philippe permettant de mesurer les écarts entre les programmes et les incohérences du PS. Deux interventions particulièrement applaudies par la salle ce qui est significatif de la détermination qui est celle des insoumis-es mais aussi des personnes présentes et qui n’avaient pas encore forcément fait leur choix.

Le sentiment qui domine parmi les insoumis-es du vignoble après cette journée et cette soirée, c’est la fierté. Fierté d’avoir réussi ce pari, fierté de compter dans nos rangs des femmes et des hommes de qualité comme Martine et Philippe, fierté de nous appuyer sur nos deux jeunes candidat-es pour poursuivre l’action au-delà même de l’élection présidentielle. Et dès demain nous sommes plus de trente venu-es du vignoble pour aller marcher en faveur de la 6ème République.

Un Commentaire

  1. Il y a de quoi être fière. C’est une belle initiative qui fait rayonner les idées de « l’avenir en commun », sur le vignoble et bien au-delà.

    Merci de nous faire partager cette cavalcade insoumise à travers notre territoire. Les personnes que vous avez rencontrées, ont bien raison. Nous devons nous réapproprier les bons mots pour combattre les maux de la société et pour bâtir un avenir nouveau.

    Sinon, on l’avoue, nous sommes un peu partis à la bourre pour être à l’heure du rendez-vous, de la réunion publique. (Mais, bon ! On n’en a pas raté beaucoup) 😉
    Ceci dit, le débat était très intéressant. L’occasion pour moi de découvrir Gaëlle et Guilhem, dont j’ai apprécié les interventions très politiques et très ancrées dans le quotidien des gens.

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